mardi 8 novembre 2011

BUDAPEST VENISE


A 17h05 pétantes, le train s’ébranle en gare de Budapest-Keleti direction Venise. Il fait déjà nuit noire. Le wagon-lits 1re classe n’a pas d’âge et l’on vient d’apprendre que cette ligne va fermer à la fin de l’année. Nous qui avons inauguré la ligne aérienne Budapest Pékin, nous fermerons celle-ci, ferroviaire, qui ne connaît plus guère de fréquentation. La voiture est à moitié vide, les yeux des voyageurs aussi. Au moins nous sommes tranquilles.



La banlieue défile. Nous longeons le Danube et l’on reconnaît avec plaisir les faubourgs avec au passage Obi pour le bricolage (beurk!), MUPA, Budafoki et ses caves à vins… La vitre pleure et pour pomper Baudelaire dans, les Fleurs du mal, je dirais:
…Comme un visage en pleurs que les brises essuient
L’air est plein du frisson des choses qui s’enfuient..

 

Le train n’est pas bruyant. Vraisemblablement les rails sont en biseau comme ceux du TGV et évitent les claquements réguliers des bogies sur les jointures. Nous dormirons mieux que ce qui est une bonne nouvelle. Finalement non, car juste avant la frontière Slovène une roue fera des siennes (puisque presque en terre!) et donnera du souci. Certainement un plat s’est largement étendu et à chaque tour de roue, il y a comme un marteau qui frappe. Et il cogne fort le bougre, à n’en pas dormir quand le train accélère. Si, nous fermerons les yeux durant  4h. Il fait une chaleur à crever mais pas moyen de régler le chauffage.
Le chef de train est venu réclamer ses billets et notre commande pour le petit déjeuner. Autre bonne nouvelle, nous avons un petit déjeuner et un wagon-restaurant! C’est bien nous n’avons pas prévu de sandwiches.



Nous longeons le Balaton. Les maisons de vacances sont fermées. Seuls les arbres mourants laissent encore un souffle de vie aux feuilles déjà soit jaunies soit largement roussies. La nature est majestueuse dans son manteau de deuil et moi je me laisse aller à un romantisme de WC qui plaît tant à cerains lecteurs. Amis, redressez-vous! L’automne est l’automne, chaque année c’est pareil: on meurt un peu comme Jean-Claude (JC) puis on rescucite quand le printemps arrive. Rien de bien neuf dans cette Bible de voyages.

L’arrivée à Venise se fera par un temps gris et quelques gouttes. Moi qui n’aime pas le soleil je suis content. A 7h15 du matin Venise est déserte, nous sommes samedi. C’est un régal d’arpenter les ruelles et de photographier les lieux sans un touriste. Ils arriveront plus tard, vers 10h et redonneront aux lieux leur fourmillement de flashes, de joggings et de Nike, de braillements et de langues planétaires. Venise n’est somptueuse que dans le silence, le calme et sans soleil. Nous sommes aujourd’hui vernis.
Je suis venu au moins 20 fois à Venise. C’est incroyable mais chaque fois la magie opère et je ne peux m’empêcher de photographier une énième fois les palais, les gondoles, les ponts, les reflets…









Venise c’est peut-être comme le romantisme, la musique ou la poésie. On y croit, on se fait prendre et on s’y perd. On plonge et replonge dans leurs charmes sans jamais rechigner. Pour ces grâces intemporelles j’éprouve d’inhumaines ondes pures aux charmes inégalables. Bon, pas grave ceux qui ne pigent pas!



Vers 15h on rejoint le bateau. Notre suite porte le nom « Puccini ». Elle est vaste (44m2), lit king size, écran plat, deux salons, une salle de bains en marbre et ardoise flanquée d’une baignoire à remous et un immense dressing. L’ensemble  est vitré sur l’arrière du bateau et le champagne est au frais! C’est cornichon, je n’aime pas le champagne. Par contre, je pense à mon Balou en grignotant les petits fours. Les kilos sont pour ma pomme cette fois.
Dans le dressing deux lits supplémentaires que l’on peut basculer du mur. On aimerait y voir Evie, Dada et Nono,. Que ne sont-ils là avec nous?


Repas du soir grandiose, je ne vous dis que ce que nous avons retenu pour nos estomacs: Carpaccio de Thon au herbes, rizotto de fruits de mer, bar aux légumes, (impasse sur salade et fromages) et desserts. Peu  importe leurs noms, ils sont de toutes façons bourrés de crème, de calories et de bonheur.

Demain Ancona.  

2 commentaires:

  1. Le train râlait avant de mourir et il voulait qu'on sache qu'il n'était pas d'accord.
    Que j'aime "écouter" le romantisme de mon Nona dégouliner dans nos oreilles...
    J'ose espérer que tu susurres ton Baudelaire à tout va à notre Juju.
    C'était un train spécialement affrété pour vous?

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